Étude 1
L'étude des données par pays
Les pays n'étaient pas tous touchés de la même façon par le coronavirus. Certains pays étaient (officiellement) pratiquement épargnés, d'autres comptaient déjà des dizaines de milliers de morts. Pourquoi de telles différences entre les pays ?
Pour chaque pays, nous avions récupéré les données suivantes :
- Nombre d'habitants
- Densité de population
- Richesse par habitant
- Espérance de vie (de 52 ans en Angola à 84 ans au Japon)
- Âge moyen de la population (de 16 ans au Tchad à 43 ans en Italie et au Japon)
- Qualité du système de santé
- Liberté d'expression (de 0 en Corée du Nord à 77 en Suède)
- Température moyenne d'avril dans la capitale (de 8 °C à 42 °C)
- Nombre de décès déclarés par million d'habitants, en avril et mai
Voici la matrice de corrélation, sous forme de carte thermique. Rappel : les coefficients vont de -1 à 1 — 1 signifie une corrélation positive parfaite, 0 aucune corrélation linéaire, -1 une corrélation négative parfaite.
Quatre variables étaient très corrélées entre elles : richesse par habitant, espérance de vie, âge moyen et qualité du système de santé — dans un pays riche, les habitants vivaient plus longtemps, l'âge moyen était plus élevé et le système de santé était meilleur.
Le nombre de décès par habitant était fortement corrélé à ces quatre variables. Cela pouvait sembler contradictoire, mais un meilleur système de santé allait de pair avec une espérance de vie et un âge moyen élevés, qui entraînaient eux-mêmes un nombre de décès COVID-19 plus important — une conséquence indirecte. À l'inverse, dans les pays où le système de santé était défaillant, tous les décès liés au COVID-19 n'étaient pas déclarés comme tels.
La liberté d'expression et le nombre de décès étaient corrélés positivement : moins il y avait de liberté d'expression, moins il y avait de décès déclarés — ce qui suggérait que le nombre de décès était volontairement minoré dans certains pays.
Les températures étaient inversement corrélées à la richesse du pays (plus un pays était pauvre, plus il faisait chaud) et au nombre de décès. Mais une conséquence est corrélée à sa cause, et deux conséquences sont aussi corrélées entre elles : était-ce la chaleur qui faisait baisser le nombre de décès, ou simplement le fait que les pays chauds étaient des pays pauvres à la population jeune et à l'espérance de vie moins élevée ? Impossible de le savoir avec la seule analyse de cette matrice.
Nous étions allés plus loin en entraînant un algorithme de gradient boosting, considéré comme l'un des plus fiables en machine learning, capable de repérer des corrélations même non linéaires, sur notre jeu de données.
Conclusion : la température, étudiée entre 10 °C et 42 °C, n'avait pas d'impact significatif sur l'évolution de la pandémie.
Données COVID-19 : jhu.edu
Liberté d'expression : rsf.org/fr/classement
Systèmes de santé : april-international.com
Espérance de vie : wikipedia.org — espérance de vie
Âge médian : wikipedia.org — âge médian
Richesse par habitant : wikipedia.org — PIB (PPA) par habitant
Densité de population : wikipedia.org — densité de population
Population : wikipedia.org — population
Météo d'avril 2020 : tutiempo.net